Données personnelles – La CJUE limite l’accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs au grand public

CJUE, 22 novembre 2022, C- 37/20 et C-601/20

L’objectif d’amélioration de la transparence globale de l’environnement économique et financier de l’Union s’est retrouvé en contradiction avec la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne (« La Charte »). Se prononçant en grande chambre le 22 novembre 2022, la Cour de justice de l’Union européenne (« CJUE ») a invalidé une disposition de la directive 2018/843 permettant aux Etats membres de donner accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés constituées sur leur territoire au grand public, et ce, sans restriction.

« Quel est le juste équilibre entre, d’une part, l’exigence de transparence en ce qui concerne les bénéficiaires effectifs et les structures de contrôle des sociétés, qui joue un rôle fondamental dans le cadre de la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme et, d’autre part, le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, à savoir les bénéficiaires effectifs, et, notamment, de leurs droits au respect de la vie privée et à la protection des données à caractère personnel ?[1]».

Cette question soulevée dans les conclusions de l’avocat général illustre bien l’enjeu difficile de proportionnalité entre d’une part l’objectif de transparence de la directive n° 2018/843[2] et d’autre part, les droits fondamentaux des bénéficiaires effectifs.

La notion de bénéficiaire effectif se retrouve à l’article L. 561-2-2 du Code monétaire et financier, et rejoint celle de l’article 3§6 de la directive 2015/849[3]. Est bénéficiaire effectif la ou les personnes physiques « 1° soit qui contrôlent en dernier lieu, directement ou indirectement, le client ; 2° soit pour laquelle une opération est exécutée ou une activité exercée[4] ». La directive n° 2015/849[5], plus récemment modifiée par la directive n° 2018/843, a imposé aux Etats membres de tenir un registre comportant des informations sur ces bénéficiaires effectifs. Toutefois, la version de 2018 a supprimé la condition relative à la démonstration d’un « intérêt légitime[6] » pour y avoir accès.

I. Les litiges au principal et les questions préjudicielles

Dans le cadre de la transposition de la directive anti-blanchiment, le Luxembourg a adopté une loi[7] ouvrant au grand public le registre sur les bénéficiaires effectifs, accessible sur internet. Cependant, cette loi prévoyait une exception permettant de limiter l’accès aux informations au public de certains éléments en déposant une réclamation au Luxembourg Business Registers (« LBR »)[8]. Pour que la réclamation soit acceptée, le bénéficiaire effectif devait démontrer que sa famille et lui-même, étaient de façon caractérisée, réelle et actuelle, exposé à un risque disproportionné et à un risque de fraude, d’enlèvement, de chantage, d’extorsion, de harcèlement, de violence ou d’intimidation. C’est à la suite du refus de deux réclamations au près du LBR, que deux bénéficiaires effectifs et deux sociétés luxembourgeoises ont saisi le tribunal d’arrondissement de Luxembourg.

Partant, il était posé à la CJUE la question suivante : les dispositions de la directive qui imposent aux Etats-membres de veiller à ce que des informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés et autre entités juridiques constituées sur le territoire soient accessibles sans restriction au grand public, constituent-elles un risque disproportionné d’atteinte aux droits fondamentaux ? Et plus particulièrement une atteinte au droit à la protection de la vie privée familiale ainsi que le droit à la protection des données à caractère personnel, consacrés respectivement aux articles 7 et 8 de la Charte[9] ?

II. Le raisonnement de la CJUE

  • Une ingérence grave dans les droits fondamentaux des bénéficiaires effectifs

Dans un premier temps la Cour a reconnu que l’accessibilité des données au grand public pouvait nuire au respect de la vie privée des bénéficiaires effectifs ainsi qu’à la protection des données à caractère personnel[10]. C’est notamment le cas de l’article 30 de la directive de 2015[11] qui impose aux Etats de donner accès au grand public à plusieurs informations, dont, le nom, le pays de résidence et la nationalité du bénéficiaire effectif. A cet égard, la Cour relève que, dès lors que le registre comporte des informations sur des personnes physiques identifiées, à savoir les bénéficiaires effectifs, « l’accès de tout membre du grand public à celles-ci affecte le droit fondamental au respect de la vie privée garantie à l’article 7 de la Charte[12]».

La CJUE poursuit son raisonnement en caractérisant la gravité de cette ingérence dans les droits fondamentaux des personnes concernées[13] en raison de la mise à disposition au grand public d’informations concernant le bénéficiaire effectif permettant notamment de dresser un profil de ce dernier[14]. Enfin, elle souligne que l’accès illimité à ces données accessibles sur internet[15] peut créer un risque d’utilisation abusive de celles-ci[16].

En d’autres termes, la visibilité accrue du profil du bénéficiaire effectif était critiquée, ainsi que l’existence d’un risque d’utilisation abusive des informations accessibles, sans qu’il puisse en contrôler la diffusion, et l’exposant par conséquent à d’éventuels abus face auxquels il lui serait impossible de se défendre efficacement.

En raisonnant sur ces trois points, la Cour a caractérisé l’existence d’une ingérence grave dans la jouissance des droits énoncés aux articles 7 et 8 de la Charte.

  • L’absence de justification

A ce stade, si la présence d’une ingérence grave portée par la directive de 2018 était établie, la Cour s’est également prononcée sur la présence d’une éventuelle justification des atteintes des articles 7 et 8 de la Charte, en ce que ces droits ne sont pas « des prérogatives absolues[17]».

Tout d’abord, la CJUE a jugé que le contenu des droits fondamentaux n’était pas atteint[18]. Elle a également constaté que les objectifs de prévention de blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme répondaient bien à la poursuite d’un intérêt général. Enfin, la Cour a constaté que le principe de légalité était également satisfait[19].

Toutefois, c’est sur le test d’aptitude, de nécessité et de proportionnalité que la Cour a établi l’atteinte injustifiée dans les droits fondamentaux. En ce qui concerne l’aptitude, la CJUE a considéré que l’accès au grand public est apte à contribuer à la réalisation de l’objectif d’intérêt général. Plus concrètement, cet accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs peut participer à la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme par la mise en place d’un environnement moins susceptible d’être utilisé à de telles fins[20].

En revanche, la Cour considère que la stricte nécessité de la divulgation des informations constituant une ingérence dans les droits fondamentaux n’est pas démontrée[21]. Partant, l’absence de condition relative à la démonstration d’un « intérêt légitime » pour l’accès au registre, pourtant présente dans la directive de 2015, ne peut être justifiée par la Commission en raison de difficultés pour en définir précisément la notion[22]. Au surplus, la Cour indique que la presse et les organisations de la société civile seront en mesure de démontrer l’existence d’un intérêt légitime ne justifiant dès lors pas l’ouverture du registre, sans restriction, au grand public. Ainsi, la CJUE considère que cet accès illimité va au-delà de ce qui est nécessaire pour la réalisation de l’objectif d’intérêt général poursuivi par la directive.

Enfin, la Cour considère que le critère de proportionnalité n’est pas non plus respecté en raison d’une trop grande ingérence dans les droits fondamentaux des bénéficiaires effectifs en dépit de l’objectif d’intérêt général[23]. En guise de réponse, la Commission invoquait l’existence de dérogations pouvant être mises en place par les Etat-membres afin de restreindre l’ouverture au registre si le bénéficiaire était exposé à des risques de fraude, enlèvement, chantage, d’extorsion, de harcèlement, ou de violence[24].

Or, la Cour souligne que l’article 30 de la directive permettant la mise à disposition des données au public ne répond pas à l’exigence de clarté et de précision[25], en ce que les données qui sont accessibles dans le registre ne sont ni définies et ni identifiables et vont à l’encontre des articles 7 et 8 de la Charte. Enfin, la CJUE rappelle également que le régime introduit par la dernière directive de 2018, prévoyant l’ouverture du registre au grand public, outre l’accès des autorités compétentes et de certaines entités, représente une atteinte « considérablement plus grave » aux droits fondamentaux de la Charte et « sans que cette aggravation ne soit compensée par les bénéfices éventuels qui pourraient résulter de ce dernier régime par rapport au premier ».

Par conséquent, l’absence de condition relative à la démonstration d’un « intérêt légitime » ne permet pas une amélioration de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme au détriment des droits fondamentaux[26].

III. L’invalidation de l’article 1er, 15 c)

La CJUE a invalidé « l’article 1er, point 15, sous c) de la directive 2018/843 en tant qu’il a modifié l’article 30, paragraphe 5 premier alinéa sous c) de la directive 2015/849 en ce sens que celui-ci prévoit dans sa version modifiée que les Etats membres doivent veiller à ce que les informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés et autres entités juridiques constituées sur leur territoire soient accessibles dans tous les cas à tout membre du grand public[27]».

La portée de cet arrêt est à nuancer. L’objectif de la directive n’est pas remis en cause, et la CJUE reconnait qu’une atteinte aux articles 7 et 8 de la Charte peut être justifiée afin de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Toutefois, la Commission européenne est invitée à revoir les conditions d’accès au registre par le grand public de manière à garantir une meilleure protection des droits fondamentaux des bénéficiaires effectifs. A noter qu’une décision constatant l’invalidité d’un acte a pour conséquence d’imposer à l’institution, auteur de la mesure, de remédier à l’illégalité. Similairement, les autorités nationales doivent également respecter dans leur ordre juridique la déclaration d’invalidité telle qu’elle résulte de la décision préjudicielle[28].

A la suite de cet arrêt, plusieurs pays ont mis fin à la publicité du registre des bénéficiaires effectifs. C’est notamment le cas en France. Pour rappel, l’ordonnance n° 2020-115 du 12 février 2020, complétée par le décret n°2020-118 ont transposé la directive permettant l’ouverture au registre sans la démonstration d’un intérêt légitime. L’article L 561-46, alinéa 2 permet à toute personne du public d’accéder à un nombre important d’information sur les bénéficiaires effectifs[29]. En revanche, l’accès à la totalité des informations est ouvert à certaines autorités et personnes qui y sont habilitées[30].

Au début du mois de janvier 2023, l’INPI avait coupé l’accès au registre[31]. Cependant, à la suite de la publication d’un communiqué de presse, le ministre de l’économie a rouvert le registre en précisant que « Les futures modalités d’accès aux données du registre des bénéficiaires effectifs tenant compte de la décision de la CJUE seront définies prochainement, en lien avec les parties prenantes. Elles permettront notamment aux organes de presse et aux organisations de la société civile y ayant un intérêt légitime de continuer à accéder au registre. » [32]

Il semble que le gouvernement rétablisse la notion d’intérêt général comme condition nécessaire à l’accès du registre telle qu’elle existait dans la directive de 2015. Reste à savoir comment cette notion sera définie, et sera mise en œuvre.


[1] Conclusions de l’avocat général Pitruzzella, 20 janvier 2022, C-37/20 et C-601/20, pt.1.

[2] Directive (UE) 2018/843 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 modifiant la directive (UE) 2015/849 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme disponible ici.

[3] Art. 3§6, Directive n° 2015/849 : « bénéficiaire effectif », la ou les personnes physiques qui, en dernier ressort, possèdent ou contrôlent le client et/ou la ou les personnes physiques pour lesquelles une transaction est exécutée, ou une activité réalisée (…). »

[4] Article L. 561-2-2 du Code monétaire et financier disponible ici.

[5] Directive (UE) 2015/849 du Parlement Européen et du Conseil du 20 mai 2015 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme disponible ici.

[6] Article 30 de la directive 2015/849.

[7] Loi du 13 janvier 2019 instituant un Registre des bénéficiaires effectifs (mémorial A 15).

[8] A noter que cette exception n’était pas prévue dans le droit français ; Renaud Mortier, La CJUE invalide l’accès du grand public aux informations sur les bénéficiaires effectifs, BRDA 1/23.

[9] Cf. pt. 34.

[10] Cf. pt. 38.

[11] Article 30, paragraphe 5, premier alinéa, sous c), de la directive 2015/849 modifiée impose aux Etats-membres de veiller à ce que les informations sur les bénéficiaires effectifs soient accessibles dans tous les cas à tout membre du grand public, tandis que son deuxième alinéa précise que les personnes ainsi visées sont autorisées « à avoir accès, au moins, au nom, au mois et à l’année de naissance, au pays de résidence, et à la nationalité du bénéficiaire effectif » lesquelles « comprennent ; au moins, la date de naissance ou les coordonnées , conformément aux règles en matière de protection des données ».

[12] Cf. pt. 38.

[13] Cf. pt. 44.

[14] Cf. pt. 41.

[15] Cf. pt. 42.

[16] Cf. pt. 43.

[17] Cf. pt. 45.

[18] Cf. pt. 54.

[19] Cf. pt. 49.

[20] Cf. pt. 67.

[21] Cf. pt. 76.

[22] Cf. pt. 72.

[23] Cf. pt. 77 à 87.

[24] Cf. pt. 79.

[25] Cf. pt. 81.

[26] Cf. pt. 85.

[27] Cf. pt 88.

[28] Jacques Pertek, Renvoi préjudiciel en appréciation de validité, Fasc. 362., 2023.

[29] Art. L561-46 Code monétaire et financier : Seules sont accessibles au public, les informations relatives aux nom, nom d’usage, pseudonyme, prénoms, mois, année de naissance, pays de résidence et nationalité des bénéficiaires effectifs ainsi qu’à la nature et à l’étendue des intérêts effectifs qu’ils détiennent dans la société ou l’entité.

[30] Art. L561-46.

[31] Pierre Januel, Le registre des bénéficiaires effectifs bientôt refermés ? Dalloz Actualité, 2023.

[32] Bruno Le Maire, Registre des bénéficiaires effectifs : Maintien de l’accès au grand public, Communiqué de presse n°520, 19 janvier 2023

Focus IP : Influenceurs – Analyse de la règlementation applicable et de la proposition de loi visant à encadrer leur activité – Mars 2023

Influencers – Analysis of the French regulations and the recent bill of law aiming to frame their activity

In France, the number of influencers is estimated at more than 150,000. A study conducted in January 2023 by the DGCCRF on around sixty influencers revealed that 60% of them do not comply with the current regulations[1].

Some initiatives have already emerged to improve practices. For example, in 2019, the OECD published a Good Practice Guide on Online Advertising. The ICC also offers a Communication Code on Advertising and Marketing. In France, the ARPP (the French Authority for the Regulation of Professional Advertising) has published ethical recommendations regarding best practices for transparency and loyalty applicable to influencer marketing.[2].

Given the multiplicity of violations of the regulations that are already applicable to influencers (1.), several bills aiming to specifically regulate this activity have emerged. The most advanced to date is the one “aimed at combating the abuses of influencers on social media” (2.).

1. Regulation already applicable to influencers

To date, the only law regulating the activity of influencers is the law n° 2020-1266 of October 19th, 2020[3], intended exclusively to protect minors.

In the absence of specific texts, this regulation applies to influencers, especially those relating to advertising law, consumer law and criminal law. Several influencers have already been sanctioned in this regard (see Appendix).

In particular, the following obligations apply:

  • Identification of the partnership by the influencer

Since 2008, Article 20 of the LCEN (the French Law for trust in the digital economy) provides for the obligation for “any advertisement accessible (…) by an online public communication service” to clearly identify the person on whose behalf it is made. In practice, this is reflected, for example, by the mention “in partnership with…” or “sponsored by…” on the influencer’s publications.

  • The prohibition of deceptive commercial practices

An influencer promoting a defective product or a fraudulent website can also be punished on the ground of unfair or deceptive commercial practice[4].

In this respect, Nabilla, an influencer, was recently sentenced by the DGCCRF (The French Directorate-General for Competition Policy, Consumer Affairs and Fraud Control) to pay a settlement fine of €20,000 for deceptive commercial practices on social media related to the promotion on the social media Snapchat of an online trading training site (see Appendix).

  • Provisions of the Evin law

The French Evin law regulates the advertising of alcoholic beverages and applies to posts made via an online network.

For instance, Meta Group was recently forced by the Paris Court of Justice to remove 37 publications of influencers on Instagram that reproduced alcoholic beverages in an illegal way and to communicate the data of the owners’ account in order to identify them.[5] 

  • Regulations on the advertising of gambling, games of chance and sports betting

Any commercial communication in favor of a gambling operator must respect a certain number of strict rules, including the reproduction of a warning message against excessive or pathological gambling.

Any publication aimed at minors is also prohibited.

2. The development of a specific legal framework for influencers

Several bills aimed at regulating the activity of influencers on social media have already been tabled in the National Assembly, including in particular the bill of 15 November 2022 “aimed at framing commercial and advertising practices linked to the market of influence on the Internet“, the bill “aimed at reinforcing prevention against illicit commercial practices linked to the market of influence on the Internet and reinforcing the fight against these practices” of 15 December 2022, and the bill of 27 December 2022 “aimed at combating the abuses of influencers on the social networks”.

The latest proposal is the one registered before the National Assembly on 22 March 2023, “aimed at fighting against scams and abuses by influencers on social networks“. It is currently undergoing its first reading in the Assembly under the accelerated procedure.

This text introduces several new provisions directly targeting influencers:

  • A legal definition of an influencer

The proposal defines an influencer as follows: “Natural or legal persons who use their reputation to communicate content to the public by electronic means with a view to promoting, directly or indirectly, goods, services or any cause whatsoever in return for an economic benefit or an advantage in kind the value of which exceeds the thresholds set by decree[6].

This is based on the definitions already suggested by the ARPP [7] as well as the one referred to the Court of Appeal of Paris in a decision of February 10th, 2021[8].

  • The obligation to have a legal representative within the European Union for influencers targeting French consumers

The text would require influencers established outside the European Union and targeting French consumers to appoint a legal representative (natural or legal person) located in an EU Member State, which would have to subscribe to a civil insurance to cover its activities.

The legal representative would then be subject to French law and anyone using the influencer’s services would have to contract with its legal representative.

  • Regulation of the activity of an influencer agent

The Bill defines an influencer agent as one who “for compensation, represents or connects influencers with persons seeking their services to promote goods, services, practices or causes of any kind“.

It can also offer influencers “assistance and advice” and must take “all measures to ensure the defence of their interests and to avoid situations of conflict of interest“.

The Bill also mentions the stipulations that must be specified in the contracts concluded between an influencer and his agency, including the nature of the diligences, the modalities of the payment and the respective rights and obligations of the parties.

  • The indication of the promotional nature of the offer

Any promotion of products/services by an influencer must be explicitly indicated by a clear, legible and identifiable statement on the image or video during the entire promotion.

This could for example be a visible banner on the image.

The words “Sponsored” or “In partnership” would be therefore no longer be sufficient.

The edited images must also be marked with the words: “Edited images”, visible in all formats, on the modified content, photo or video, and this during the entire viewing period.

Such obligation already exists for edited commercial photographs of models[9].

Violation of these provisions shall be punishable by one year’s imprisonment and a fine of €4.500.

In addition, if the influencer is only an intermediary in the sale, he/she has to:

– inform the potential buyer of the identity of the supplier;

– check the availability of the good; and

– check that it is not a infringing product;

– check for the existence of a certificate of conformity to European standards.

This is intended to provide a better framework for the practice of “dropshipping”, in which the seller is only responsible for marketing, while the supplier is responsible for manufacturing and shipping.

  • The ban on promotion for certain products and services

The promotion of certain products/services will be prohibited altogether. None of the following products shall be offered by an influencer:

  • In health sector: this includes the prescription, supply, sale, performance or consumption of aesthetic acts, procedures, techniques, and methods reserved for health professionals, as well as surgical interventions, including those without therapeutic or reconstructive purposes.

The previous version of the Bill provided for a much broader express prohibition as pharmaceutical products were also excluded, such as drugs, contraceptives or foodstuffs intended for medical purposes.

A derogation was also provided in the previous Bill for Government health campaigns, but this is no longer the case.

  • In financial sector: the proposal is based on the current wording of Article L. 222-16-1 of the Consumer Code, which prohibits direct or indirect advertising by electronic means. This includes :
    • some of the riskier financial contracts;
    • the provision of certain services on digital assets;
    • public offerings of tokens;
    • investments or placements involving risks of loss to the consumer in a digital asset or, more generally, in a fungible or non-fungible intangible asset. This includes offers of crypto passbooks and non-fungible tokens (NFTs).
  • Illicit and infringing products: only trademark infringements are covered and not patent, copyright or design infringements, which may seem surprising and should probably be modified during the examination of the Bill by the National Assembly[10].

Violation of these provisions should be punished with a two years’ imprisonment and a fine of €30.000, to which may be added a ban on exercising the activity of influencer.

  • Framework for the promotion of some products and services
    • The promotion of vocational training would only be allowed if are specified the nature of the funding of such training, the associated commitments and eligibility rules. The name of the provider responsible for the training and the provider referenced on the dematerialised service mentioned in Article L.6323-9 of the Labour Code must also be mentioned. 
    • Gambling[11] and video games that can be assimilated to gambling, must indicate by a visible banner on the image or video during the entire promotion, that these games are reserved for adults and comply with the laws and regulations applicable to these games of gambling.
    • The promotion of sweet beverages or beverages with added salt or artificial sweeteners or manufactured food products must include health information, the content of which will be specified by a decree.

The penalties for non-compliance with these provisions should be one year of imprisonment and a fine of €4.500.

  • The introduction of a label “Ethical Influencer”

Such label could be delivered to any legal entity contributing, as part of its activities, to the prevention of scams and abuses by influencers.

A decree will have to specify the terms and conditions of this new label.

* * *

The bill is currently being debated in the National Assembly and will then be examinate in the Senate.

Several changes are therefore still likely to occur.


[1] DGCCRF press release n°525 of January 23rd, 2023.

[2] Recommendation on digital advertising communication, effective January 1rst, 2022

[3] Law n°2020-1266 of 19 October 2020 aimed at regulating commercial exploitation of the image of children under the age of sixteen on online platforms (1)

[4] See Art. L121-2.3° of the Consumer Code

[5] Judicial Court of Paris, January 5th, 2023, Case Addiction France / META

[6] Article 1 from the bill n° 1006 aimed at combating scams and abuses by influencers on social networks

[7] ARPP: “an individual expressing a point of view or giving advice, in a specific field and according to a style or treatment of his or her own, to an identified audience“.

[8] Paris Court of Appeal, Pôle 5, ch. 15, Feb. 10th 2021 – n°19/17548: “A person active on social media, who by virtue of his or her status, position or media exposure could be a relay of opinion influencing consumer habits with a marketing aim.”

[9] Article L2133-2 of the Public Health Code

[10] Art. 2.B. of the bill: “Illicit and counterfeit products defined in Articles L. 716-9 to L. 716-11 of the Code of Intellectual Property”.

[11] As defined in Article L. 320-1 of the Internal Security Code and which fall more generally under Chapters II, IIb and IIc of Title II of Book III of the Internal Security Code

JP Karsenty & Associés appoints Pierre Trusson as Counsel

As part of its ongoing development, the firm announces the appointment of Pierre Trusson as Counsel in its IP/IT practice.
 
I am delighted to continue my integration within the firm and I am particularly attached to the value of the collective work carried out by the teams, as well as by the tailored assistance of our clients that I wish to continue to reinforce in the future“.

Pierre joined JP Karsenty & Associés in 2018 as an associate after working for three years with a French and international law firms recognized for their expertise.
 
He assists French and foreign clients in drafting their contracts and advises them in negotiations with their partners and with the authorities. He is also regularly involved in litigation before the courts, particularly in matters of patents, trademarks, unfair competition and industrial risks.
 
We are very pleased with Pierre’s appointment as Counsel within the firm, which rewards his involvement. We are committed to bring talent to our firm, which ensures the stability and sustainability of our teams“, commented Béatrice Moreau-Margotin and Martine Karsenty-Ricard, partners of the firm.
 
Graduated from the CEIPI (University of Strasbourg) and admitted to the bar in 2015, Pierre regularly contributes to the work of various associations in the field of intellectual property such as AIPPI and AAPI. In this respect, he has recently participated in the drafting of the Paris Court of Appeal’s fact sheets on compensation for damages in unfair competition and chairs the AIPPI Committee on the topic related to the liability of digital platforms.

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